Accueil Date de création : 05/02/08 Dernière mise à jour : 06/05/08 20:15 / 34 articles publiés

Bienvenue.  posté le mardi 05 février 2008 22:00

Antoine de Saint- Amant

Plainte sur la mort de Sylvie

AqME

Ténèbres

Aragon

Que serais-je sans toi

Charles Baudelaire

Prière

Spleen LXXVIII

La mort de Léopold Ier [II]

Une charogne 

L'étranger

Ambrose Bierce

Citation

Alain Bosquet

Raconte-moi le passé...

Annabel. C

Feu

Louis Calaferte

Vous avez laissé faire un monde...

Andrée Chedid

Dépecez l'espérance

Marianne Cohn

Je trahirai demain

Arnaud Desjardins

Citation

Elie Ehrenbourg

Madrid

Paul Eluard

Notre vie...

Guillevic

Les Charniers

Victor Hugo

Melancholia

Le soleil s’est couché...

Victor, sed victus

Louise Labé

Je vis, je meurs...

Lao-Tseu

Citation

Citation

Alfred De Musset

Tristesse

Noreyett'

Citation

Thiphaine. P

Pensée

Jean Rousselot

Refaire la nuit

William Shakespeare

Il aimait la mort, elle aimait la vie...

Paul Verlaine

Soleils couchants

Il pleure dans mon cœur...

Boris Vian

Le Déserteur

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~ Prière ~ [Baudelaire]  posté le mardi 05 février 2008 22:05

~ 

Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs

Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs

De l’Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !

Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de Science,

Prés de toi se repose, à l’heure où sur ton front

Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront !

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~ Melancholia ~ [Victor Hugo]  posté le mercredi 06 février 2008 21:55

~

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
-Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
-Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
--Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
--Dans la même prison le même mouvement.
---Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
---Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
----Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
----Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
-----Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
-----Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
------Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
------Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
-------Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
-------Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
--------O servitude infâme imposée à l'enfant !
--------Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
---------Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
---------La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
----------Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
----------D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
-----------Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
-----------Qui produit la richesse en créant la misère,
------------Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
------------Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
-------------Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
-------------Une âme à la machine et la retire à l'homme !
--------------Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
--------------Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
---------------Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
---------------O Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
----------------Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
----------------Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

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~ Tristesse ~ [Alfred De Musset]  posté le mercredi 06 février 2008 22:05

~

~

J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaieté;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.

Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.

Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.

Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré.

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~ Je vis, je meurs... ~ [Louise Labé]  posté le mercredi 06 février 2008 22:25

----Je vis, je meurs : je me brûle et me noie,
---J'ai chaud extrême en endurant froidure ;
--La vie m'est et trop molle et trop dure,

-J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

 

-Tout en un coup je ris et je larmoie,
--Et en plaisir maint grief tourment j'endure,
---Mon bien s'en va, et à jamais il dure,
----Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

----Ainsi Amour inconstamment me mène
--Et, quand je pense avoir plus de douleur,
----Sans y penser je me trouve hors de peine.

 

--Puis, quand je crois ma joie être certaine,
----Et être en haut de mon désiré heur,
--Il me remet en mon premier malheur.

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