-----Madrid, tes offenses, ton sang,
----------Qui les a vus ne les oublie !
---------------Pourquoi l’enfant a des béquilles ?
--------------------La poussière tournoie au vent…
-------------------------Pourquoi brillent les réverbères ?
-----Qui va durer jusqu’au matin ?
----------Fièvre des murs et des paupières,
---------------Les cris des sirènes, soudain !
--------------------Pourquoi ce berceau vide et triste ?
-------------------------Pourquoi Carabancel existe ?
Embrasse, embrasse, ô mère tendre,
-----O toi, qui ne veux pas comprendre !
----------La porte ouverte mène au ciel
---------------Et, si tu veux, crois son appel.
--------------------Mais un lambeau de linge éclaire,
-------------------------Trempée de sang, la sombre terre.
-----Le froid des vitres dans la nuit…
----------A la tranchée la rue conduit.
---------------Le tramway siffle qui s’en va,
--------------------« Adieu, adieu… n’oubliez pas ! »
-------------------------Le canon dit, qui nous obsède,
-----« Pas d’évasion, aucune aide… »
----------L’aurore est inventée en vain,
---------------Les mers ne viendront pas qui chantent,
--------------------Ni les navires, ni les trains,
------------------------Ni l’étoile d’or, apaisante.



