Il n'y avait
que le silence
Derrière chaque mot volé
La route expirait dans les pierres
Entre les murs écroulés
Et pourtant le dernier poète
Tendait l'oreille vers la mer
Et cherchait encore à saisir
L'insaisissable oiseau de la parole.
~
----------------------------Il est arrivé rouge de colère
------------------------------Incandescent à souhait
--------------------------------Il a soufflé son sang de flammes
----------------------------------Sur la modeste demeure.
------------------------------------Il a détruit sur son passage
--------------------------------------Plus de 15 ans de labeur
----------------------------------------Il a transformé la vie en suie
------------------------------------------Il a noyé les souvenirs
----------------------------------------Il a sonné de porte en porte
--------------------------------------Il a tout détruit sur son passage
------------------------------------Il a anéanti la pale blancheur du soleil
----------------------------------Il a rongé le bleu du ciel
--------------------------------Il a abandonné la demeure
------------------------------Une fois celle-ci vidée de toute vie
----------------------------Il fascine autant qu’il détruit.
Auteur encore inconnue, mais surement célèbre dans 50 ans, après sa mort !
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau
matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes
en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil
rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait
joint ;
Et le ciel
regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches
bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela
descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle
vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde
rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes
s'effaçaient et n'étaient plus qu'un
rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne
inquiète
Nous regardait d'un œil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait
lâché.
Et pourtant
vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui !
telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites
à la vermine
Qui
vous mangera de baisers,
Que
j'ai gardé la forme et l'essence divine
De
mes amours décomposés!